• Petite visite au collège Victor Hugo de Carmaux : les élèves, très attentives et sympathiques, ont réalisé un diaporama autour du tome 1, avec l'aide de madame Mourtada. Merci beaucoup, c'est très chouette !

    Diaporama Pierre Obscure

    Le diaporama est ici : Diaporama Pierre Obscure


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  • Giga-Klash, grand Centre Commercial au cœur d'Alzar, a mis en place de nouveaux codes de paiement pour ses produits. Graphiquement jolis et attirants, ils recèlent un message subliminal : ce sont les CODES-KLASH

    Pour découvrir le message, cliquer sur chacun des codes.

    Messages subliminaux #2 Messages subliminaux #2 Messages subliminaux #2 Messages subliminaux #2

    Le comité de rédaction d'Alzar N.E.W.S. désapprouve de telles pratiques !


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  • À l'occasion de l'ouverture du Musée Soulages à Rodez, Pierre Obscure s'est rendue dans le secteur furtivement... En voici le témoignage !

    Pierre Obscure au Musée Soulages  Pierre Obscure au Musée Soulages

    Pierre Obscure au Musée Soulages  Pierre Obscure au Musée Soulages

    Pierre Obscure au Musée Soulages

     

     


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  • Chayma a trouvé dans le bureau de son père un petit papier sur lequel sont écrits des lignes énigmatiques. Ces mots parlent d'une certaine Chrysalide... Plus tard, quand elle sera à Alzar, elle aura l'occasion de visiter le laboratoire de son grand-père. Elle comprendra alors que c'est lui, Léon de Larocca, qui a rédigé le court texte. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que son aventure va être portée par ce message qui va se révéler essentiel jusqu'à la fin... (Le lecteur avisé comprendra mieux quand il aura lu le troisième tome de Pierre Obscure)

    Notre comité de rédaction a fait le maximum pour vous proposer une reproduction parfaitement exacte du texte de Léon. En voici les deux parties, telles qu'elles sont évoquées dans l'histoire.

    L'énigme de Léon    L'énigme de Léon 


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  • « Dans quelques heures, je serai morte. Voilà, tout va s'arrêter dans ce lieu sinistre, pensa Chayma. Tout est fini, tout est fini... Je vais mourir dans ce trou à rats... Maman, Papa ! Je veux vous voir, je veux vous voir ! Je veux revenir à Loma. Je veux voir Mehdi et Élie. Élie, Élie... je vais mourir moi aussi. Est-ce qu'on se retrouvera quelque part ?... Je voulais revenir avec le remède, pour toi, et je ne peux plus. Je suis prisonnière de ce sale type... Il va me tuer... Je ne veux pas mourir. Je veux pas mourir... Élie, Élie, je t'avais promis... Petit frère, pardonne-moi... »

    Chayma laissa couler les larmes amères de son désespoir et serra très fort sa pierre lisse, couleur de la nuit. « C'est idiot, cette pierre... À cause de cette pierre... » Perdue dans ses pensées, elle sentit alors la Chrysalide palpiter dans sa paume. Des étincelles dorées s'échappèrent entre ses doigts. Comme un signe de réconfort inattendu. Ce phénomène lui donna la force de chercher, une nouvelle fois, une issue, un moyen de quitter ce lieu sinistre. Elle parcourut le couloir, flambeau à la main, et alla jusqu'à la lourde grille qui le tenait fermé : impossible de la franchir... Elle inspecta lentement et longuement tous les recoins dans l'espoir de trouver un trou dans lequel se faufiler. Mais il n'y avait aucune possibilité de s'évader. Désormais, qu'allait-il se passer ? Préférant ne penser à rien, elle alla se recoucher.

    _ … c'était phénoménal ! Les Chacals n'ont rien vu venir. Ton plan était génial.

    _ Je le savais... En tout cas, bravo les gars ! Vous avez agi comme de vaillants guerriers. Je suis content de vous. On a gagné une sacrée bataille.

    _ … et j'ai évité plusieurs grenailles ! Les projectiles sont passés à côté de ma tête...

    _ C'est dans de telles épreuves, qu'on voit les courageux. Les vrais ! Mais ce n'est pas fini... Une épreuve supplémentaire nous attend ici. Il ne faut surtout pas faiblir.

    _ Pas de problème. On est avec toi.

    Fursy et ses trois acolytes étaient revenus. Ils s'affairaient autour d'un sac posé au sol.

    _ Pourquoi est-ce que Chad est parti ? Il nous a laissé tomber après la réunion de ce matin.

    _ Ce gamin n'est qu'une mauviette, répondit Fursy. Il est resté trop longtemps chez les Fennecs pour être un vrai guerrier.

    _ À ta place, je ne lui ferais pas confiance.

    _ Il raconte n'importe quoi. Je crois qu'il a essayé de t'amadouer pour gagner quelque chose..., les chaussures du petit sauvage ! Quand il a eu ce qu'il voulait, il s'est échappé.

    _ Possible... De toute façon, Chad est un minus.

    _ Oui, mais tu voulais qu'il te donne des informations pour attaquer les Fennecs.

    _ Je me débrouillerai autrement... Depuis la dernière Joute d'Influence, j'ai reçu des soutiens de différents clans. Un réseau se constitue. Ils sont nombreux ceux qui ont compris que je suis un vrai leader. Je suis capable d'organiser une grande manifestation... Je veux diriger le réseau souterrain en constituant une équipe de caïds qui n'ont pas froid aux yeux. Des gars comme vous... Je vais mettre en place un business de grande ampleur, pas des minables négociations... Un système qui nous avantage vraiment !

    Fursy, qui était accroupi, se redressa et toisa sa troupe pour mesurer les effets produits par ses propos.

    _ Ça, c'est cool, fit un garçon impressionné.

    _ On va faire un trafic ensemble qui va nous placer haut, très haut... Nous aurons d'autres conditions de vie : une base bien aménagée, juste pour nous, des privilèges que vous n'avez jamais imaginés. Nous dominerons les autres clans et aussi les gens des Zones défavorisées. Et ça, ce n'est qu'un début ! Voilà à quoi je pense... Nous avons commencé par le plus difficile : écarter les clans qui nous font de l'ombre. Maintenant, nous devons trouver les moyens de nous imposer. Et... pour cela, j'ai besoin de la pierre qui est attachée autour du cou du petit sauvage. Il me faut cette pierre !

    _ Ce n'est pas difficile. Il suffit de la lui enlever.

    _ J'ai déjà essayé. Le cordon ne peux pas être coupé.

    _ Tu rigoles ? Rien de plus simple.

    Un Coyote se leva et alla droit vers Chayma. Il lui arracha l'écharpe. Il sortit un couteau de son gilet en cuir, attrapa le cordon dans un geste rapide et tenta de le trancher. Sa main s'arrêta brusquement, stoppée dans son élan par la résistance infaillible de la lanière.

    _ Mais ? Qu'est-ce..., grogna-t-il.

    _ Tu vois. Impossible ! commenta Fursy.

    Chayma avait reçu le coup sans rien dire.

    _ C'est incroyable ! grommela le Coyote qui s'acharnait sur la lanière avec son couteau. Aïe ! Je me suis taillé.

    _ N'insiste pas. Ce n'est pas la peine.

    _ Ben, alors, il faudra te passer de ce fichu caillou, répliqua le garçon en suçant son doigt blessé.

    _ Non. Sûrement pas ! Je veux cette pierre et je l'aurai. C'est une pierre rare, d'une grande valeur.

    _ Et... tu comptes t'y prendre comment ? demanda un autre Coyote.

    Fursy fouilla dans le sac et en sortit un paquet enveloppé dans plusieurs feuilles de papier. Il ôta l'emballage et exhiba une hache de belle taille, au tranchant inquiétant.

    _ Je vais couper la tête du gamin, fit-il froidement.

    _ Tu vas lui couper la tête ? reprit le garçon, interloqué.

    _ Il n'y a pas d'autre solution. Je cherche cette pierre depuis trop longtemps.

    Devant le visage surpris de ses trois acolytes, Fursy ajouta avec autorité :

    _ Vous êtes des Coyotes ou des mauviettes ? De toute façon, c'est moi qui m'en charge. Je vous demande seulement de tenir le gamin fermement quand je ferai...

    Affolée, Chayma tenta encore de s'échapper. Elle se mit à bouger doucement, à quatre pattes, pour se faufiler le long du mur. Mais elle n'alla pas loin. Un garçon l'attrapa par une jambe et la traîna jusqu'au matelas. Il lui asséna un coup de pied.

    _ Toi, tu bouges pas !

    La douleur obligea Chayma à se tenir recroquevillée, la tête enfoncée dans le matelas. Elle se cacha sous la couverture, ne voulant plus rien voir de ce complot épouvantable.

    _ Je... je peux pas, fit un des trois garçons.

    _ C'est moi qui agis. Je te demande juste de tenir le petit morveux.

    _ Je peux pas, redit le garçon.

    _ Ah, toi aussi, tu veux fuir ? … pas capable de vivre de grandes choses ?... voulais savoir si le bracelet était encore actif ... facile à vérifier !

    La tête sous la couverture, Chayma entendit un bruit de bagarre. Puis un cri de douleur.

    _ Eh bien voilà, on est fixés, fit la voix triomphante de Fursy. Le bracelet est de nouveau actif !

    _ Tu sais, pour moi, ça ne pose pas de problème, dit un garçon. Je suis d'accord pour tenir le gosse.

    _ Pour moi aussi, ça marche. C'est toi notre chef !

    _ Bien... Je savais que je pouvais vous faire confiance. Tant pis pour lui. Il s'en remettra !... On va boire un coup de crapulo pour nous donner du courage.

    Il y eut un silence long et lourd, rompu par les gémissements du garçon que Fursy avait blessé en faisant claquer son bracelet. Puis des bruits grossiers de déglutition suivirent, accompagnés de rots bruyants. La beuverie entre les trois Coyotes dura plusieurs minutes, ponctuée par des rires gras et bêtes, et s'acheva par l'explosion de la bouteille projetée contre un mur.

    _ Bon, on peut passer aux choses sérieuses, fit la voix malsaine de Fursy. En premier lieu, il faut couper les bras de ce fauteuil. Et ligoter le petit sauvage aux pieds et aux mains.

    _ Pas de problème, je coupe le fauteuil !

    Un mouvement subit s'installa dans l'espace sinistre. Les garçons passaient à l'action ! Chayma se recroquevilla un peu plus sous la couverture, la serrant très fort contre elle. Terrassée par la peur, son cœur battait à une vitesse folle. Elle sentit qu'on se saisissait d'elle brutalement. On lui arracha la couverture, on lui tira les cheveux, et elle dut se lever, recevant des coups de pieds. Aussitôt, des ficelles agressives vinrent entourer ses chevilles et ses poignets, les mains passées derrière le dos.

    Pendant ce temps, un garçon finissait de sectionner les accoudoirs du fauteuil.

    _ Ça y est ! fit-il satisfait. C'était facile.

    _ C'est bien, c'est bien..., grommela Fursy, la tête baissée.

    Le jeune chef Coyote avait tracé un cercle dans la poussière tout autour du fauteuil. Il marcha le long de cette ligne satanique, crachant à plusieurs reprises et marmonnant des mots incompréhensibles. Il exécutait un rituel incantatoire autour du siège du sacrifice. Celui qui tenait Chayma la poussa dans le cercle. Elle essaya de se débattre, mais le garçon était plus fort qu'elle et cette réaction ne fit qu'accroître la douleur aux endroits où elle était ligotée. Elle reçut une claque contre la tempe.

    _ N'essaie pas de t'échapper !

    Le garçon la bouscula pour qu'elle se mette à genoux et plaqua sa tête contre le siège du fauteuil. Il se baissa lui aussi, sur le côté, retenant Chayma par les cheveux. De l'autre côté, le deuxième Coyote bloquait ses pieds. Chayma put voir le troisième garçon, allongé au sol, qui grimaçait de douleur.

    _ Tout est prêt. On peut y aller, dit Fursy.

    Fursy se plaça face au fauteuil, la hache à la main. Il se pencha vers Chayma et dégagea le cordon. Il posa sa main sur son cou, doucement.

    _ Désolé, petit frère. Ta vie s'arrête ici.

    Chayma sentit une pression dure avant que Fursy n'enlève sa main. Elle aurait voulu crier, protester... mais sa gorge était nouée. Son corps douloureux, et tenu de toutes parts, avait peine à respirer. « Vite ! Vite, que ça finisse ! », pensa-t-elle épouvantée.

    La suite dans le tome 3 : "L'Eau de l'Alcarazas"...


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  • 2 _ Une Mise à Mort     Tome 3 Chapitre II #1

     

    Courant de toutes ses forces, Chayma s'enfonça dans le couloir noir. Un court instant, elle eut l'espoir fugace de rejoindre la grille et d'échapper à son bourreau. Mais, soudain, le corps souple de Fursy, à peine plus lourd qu'elle, vint cogner son dos et la faire chuter. Les deux enfants roulèrent dans la poussière, sans se faire mal, haletants, collés l'un à l'autre comme des animaux sauvages. Quelques secondes après, Chayma maudit de tout son être le garçon qui la plaquait au sol. Fursy se mit à rire. Une fois de plus.

    _ Tu ne m'auras pas ! lâcha-t-il.

    Le garçon appuyait un genou contre le ventre de Chayma, douloureusement. Elle sentit sa respiration saccadée, désagréable, qui se rapprochait de son visage. Puis il se redressa d'un coup, posant fermement un pied sur son buste pour la tenir au sol.

    _ Tu n'aurais pas dû, fit-il avec colère. Tu n'aurais pas dû !

    Il saisit l'écharpe de Chayma et la fit se lever par un geste brusque. Il lui mit un coup derrière la tête pour qu'elle se dirige vers l'espace de vie où brûlait faiblement l'unique flambeau.

    _ Tu n'as pas intérêt à recommencer. Avance !

    Arrivés au bout du couloir, il la poussa méchamment sur le matelas.

    _ Ne bouge plus. Tu n'as pas le droit de bouger ! hurla-t-il.

    Sans cesser de surveiller sa proie, le visage furieux, il attrapa son sac à dos et en sortit une corde. Chayma se redressa, prête à réagir, mais Fursy, toujours aussi rapide, la retint d'un geste ferme. Aussitôt, il lia ses pieds en serrant fort.

    _ Voilà ! Amuse-toi bien.

    Puis il pointa un doigt dans sa direction.

    _ Petite peste. Sale petite peste ! Je... Tu... Tu as essayé de m'échapper alors que je t'ai fait confiance... Tu... Tu vas voir ce qui arrive à ceux qui me trahissent. Tu vas voir !

    Il lui tourna le dos et disparut dans le noir.

    Chayma mit plusieurs minutes pour défaire les nœuds de la corde. Elle se retrouvait seule, l'estomac noué par la peur. La flamme de la torche faisait danser les ombres aux murs comme autant de fantômes inquiétants. Des doigts griffus et maléfiques semblaient la menacer de toutes parts. Elle était au centre d'un cauchemar, cernée par des ombres noires et effrayantes.

    Elle s'allongea et ferma les yeux.

    Une main froide tirait sur son cordon, insistait et la secouait sans ménagement.

    _ Ah, cette saleté de lanière ! fit la voix de Fursy. Je ne comprends pas... Qui a inventé ce truc ?

    Chayma ouvrit les yeux. Le garçon était penché sur elle, une grimace hideuse sur son visage. Il se redressa et pointa ses méchantes cisailles vers elle.

    _ Tant pis pour toi ! Tant pis...

    Il alla s'asseoir dans le fauteuil et la toisa d'un air hautain.

    _ Tu n'es qu'un minable petit gosse ! Tu te crois malin parce que tu as essayé de t'enfuir... Petit crétin, tu paieras cher cette offense. Tu sauras, sale gamin, qu'on ne méprise pas Fursy. Tant pis pour toi, tant pis pour toi ! C'est toi qui l'as cherché...

    Chayma ne savait pas ce qui allait se passer, mais elle devinait que, pour récupérer sa Chrysalide, Fursy lui préparait un sort tragique. Quelques jours plus tôt, l'homme envoyé par sa grand-mère avait voulu lui trancher le cou... Un sentiment de terreur s'empara d'elle. Elle fit une tentative pour amadouer le garçon.

    _ Je... je vais te dire..., balbutia-t-elle.

    Fursy brassa l'air d'un geste méprisant.

    _ Trop tard ! Je me suis trompé sur toi. Tu n'es qu'un sale gosse ! Ma décision est prise... Tu détiens ce que je convoite depuis longtemps et ça, c'est l'essentiel. Je vais me débrouiller pour te l'arracher du cou. Je vais y arriver, c'est sûr !.. On se passera de toi.

    Avec un geste souple, Fursy remonta ses jambes et les entoura de ses bras. Il afficha un large sourire dédaigneux.

    _ En fait, je crois que je n'aurais pas aimé avoir un « petit frère ». Un jour ou l'autre, ton sort aurait été funeste. Cela pourra peut-être te consoler... Tu vois, il ne fallait pas te faire attraper. Je te l'ai dit la première fois que je t'ai vu. Tu es une proie trop neuve, un enfant farouche, un enfant qu'on sacrifie... Tu n'as pas su te protéger. Et moi, je prends. Parce que je suis Coyote, grand Coyote. Parce que je suis bien né... C'est la loi ! Je prends la proie fragile, offerte. Je me régale de sa terreur. Je me délecte... Dans ta détresse, tu es plus beau encore que je le croyais. Et si pitoyable. Plus désirable... Ta vie s'arrête ici.

    Chayma était désemparée. Que lui arrivait-il ? Pourquoi tout s'acharnait-il contre elle ? Devant son visage affolé, Fursy ricana.

    _ Petit frère ! Ah, ah ! Petit frère... Mais, je n'aime pas les petits frères ! Je n'en ai jamais eu d'ailleurs... Moi, MOI... je suis fils unique, fils chéri... adoré de son père et de sa mère... Ma mère... Très belle... Elle m'aimait, oui, elle m'aimait et...

    Fursy poussa un long cri sauvage.

    _ L'orphelinat est la pire des calamités, même celui des riches. Tu sais cela, toi ? Évidemment, tu n'as jamais connu l'orphelinat... Je me suis enfui. Ma douleur et ma révolte étaient trop grandes. J'ai rejoint les clans d'enfants. Quelques mois chez les Fennecs. Gentils, les Fennecs... Puis chez les Coyotes. C'est ma place. Tous, ils me respectent..., reconnaissent ma valeur, mes talents... Pas comme toi !

    Des bruits de grincement, puis ceux de voix et de pas, résonnèrent au fond du couloir sombre. Quatre silhouettes s'avançaient jusqu'à eux. Chayma se redressa et reconnu Chad, accompagné de trois Coyotes aux yeux maquillés d'un large trait noir. Ils vinrent se poster de part et d'autre du fauteuil où se tenait Fursy. Celui-ci leva la main en signe d'autorité.

    _ Vous arrivez quand il faut, les gars, fit-il. J'en ai fini avec ce microbe... Quelles sont les nouvelles du front ?

    _ Les Chacals reculent. Ils sont mal organisés, répondit un des garçons qui arborait une impressionnante ceinture cloutée. Mais le clan des Boxers vient de se rallier à eux, en plus des Braques...

    _ Les Goupils et les Cabots nous suivent, répliqua Fursy. Avec les Lévriers, qui m'ont promis leur soutien, nous sommes plus nombreux et donc, plus forts. C'est bien, c'est bien... Dans peu de temps, je pourrai contrôler toute une partie du réseau souterrain. Soyez assurés que vous aurez une place privilégiée, à mes côtés.

    Chad, le plus petit et le plus jeune des garçons, dansait d'un pied sur l'autre et tirait sur les mèches de ses cheveux gris clair. Il ne semblait pas à l'aise. Il évitait de regarder Chayma qui, elle, ne pouvait détacher ses yeux de celui qui l'avait trahie. Le garçon nerveux portait des chaussures, souples et confortables, celles que Dounia lui avait offertes. Ses chaussures...

    _ Cesse de t'agiter ! lui ordonna Fursy. Asseyez-vous. Nous devons nous concerter.

    Les quatre garçons s'installèrent face à Fursy, tournant le dos à Chayma qui n'osait plus bouger.

    _ Tout d'abord, où en sommes-nous avec les munitions ?

    _ Aucun problème. Nous avons de bonnes réserves : pavés, pétards et boules de grenaille. Et la fabrication des propulseurs est presque finie.

    _ Parfait ! apprécia Fursy.

    Le chef des Coyotes se pencha vers ses acolytes, affirmant sa position dominatrice.

    _ La zizanie est une bonne chose. Laissons monter la discorde entre les clans et, au moment venu, quand tout sera bien désorganisé, nous attirerons à nous tous ceux qui ne sauront plus où aller. Parce que nous sommes préparés à prendre le pouvoir...

    _ Ça a l'air facile quand tu dis les choses comme ça, fit un des garçons.

    _ Il faut savoir anticiper. Tout est là...

    _ En tout cas, on te suit. Tu n'as qu'à nous demander, ajouta un deuxième Coyote.

    _ Ouais, t'es cool comme chef, approuva Chad.

    _ Bon, voilà mon plan : dans l'immédiat, nous allons tenter une intrusion dans le clan Chacal, expliqua Fursy. Pour défaire leur base... On va associer les Cabots et les mettre en première ligne.

    _ On fait comment pour entrer dans leur base ?

    _ On fait diversion. On attire les Chacals dans un traquenard. Un petit groupe vient les provoquer en lançant quelques pétards. Les Chacals vont réagir et poursuivre les attaquants. Ceux-ci les conduisent à proximité, un carrefour... où nous les accueillons comme il se doit. Je serai là pour les recevoir... Pendant ce temps, un autre groupe, les Cabots en tête, fonce dans le camp des Chacals et détruit tout ce qu'il peut détruire.

    _ Super plan !

    _ Merci. Un de vous devra diriger le groupe des attaquants et en constituer l'équipe.

    _ Je veux bien...

    _ Moi, j'irai tout casser chez les Chacals. Il y a trop longtemps que ça me démange.

    _ Parfait ! Cette opération va déstabiliser nos chers ennemis... Mais, on ne va pas s'en tenir là. Il y a un autre clan qui commence sérieusement à m'irriter : le clan des Fennecs ! Ils sont en train de jouer les trouble-fête. Je trouve que Mihiran fait un peu trop le malin ces temps-ci. J'envisage une expédition punitive. C'est là, Chad, que tu as un rôle à tenir. Tu vas nous donner des renseignements précieux. De plus, les Fennecs détiennent le Trophée de la Joute qu'ils n'ont pas mérité. Leur sale clebs a tout faussé... Si vous le voyez, n'hésitez pas à le tuer.

    Chayma écouta avec plus d'attention. Mihiran et Douxyeux étaient en danger, eux aussi.

    _ Il paraît qu'ils sont allés jusqu'au QG du Service de Contrôle et qu'ils y ont fait des dégâts.

    _ Impossible ! répliqua Fursy d'un ton sec. Si c'était vrai, ils n'en serraient pas revenus. Je sais qu'il y a eu une explosion au QG, mais ce n'est sûrement pas à cause des Fennecs !

    _ Ben... En fait, j'étais avec eux, intervint Chad. On est vraiment allés au QG et j'ai pris de sacrés risques !

    Fursy fixa le jeune garçon, en clignant des yeux.

    _ Tu es allé au QG, toi ?

    _ Oui, oui, je t'assure.

    _ Et alors ?

    _ Ben... J'étais un peu malade... et je n'ai pas tout suivi.

    _ Tu racontes n'importe quoi ! s'énerva Fursy. Fais attention ! Ne cherche pas à m'embobiner avec tes histoires. Avec les Fennecs, ça marche peut-être, mais pas avec les Coyotes. Pas avec moi !

    _ Mais je te jure !...

    _ Stop ! Arrête tes bobards. Ou retourne au club des gentils toutous.

    Les autres garçons se mirent à rire.

    _ Écoute, Chad. Tu as été très efficace, hier, en m'aidant à attraper Élie. Tu as su nous diriger vers le stade de Squizz et, à partir de là, il a été facile de le suivre jusque dans la vieille station Mercure. Facile de le piéger aussi... Mais je ne supporte pas qu'on cherche à m'embrouiller... Maintenant, j'ai besoin d'informations sérieuses sur les Fennecs. Car je vais vraiment les attaquer. Quand j'en aurai fini avec les Chacals, je m'occuperai de Mihiran et de sa clique de minus.

    Chad se contorsionna. Chayma, qui voyait son dos, comprit que Fursy l'avait vexé. Cet enfant instable n'arrivait pas à trouver sa place.

    _ Oui, oui, chef, je te dirai tout ce que tu veux, fit-il en essayant d'amadouer Fursy.

    _ OK ! On en reparlera tout à l'heure. Quelqu'un a d'autres informations ?

    _ Je sais qu'il y a des mouvements de révolte en surface, répondit un des trois garçons. Certaines personnes s'organisent, menées par un groupe qui agit dans la clandestinité : les Insoumis. Ils ont des arcs et des arbalètes pour se défendre contre les gardes qui se sont déployés dernièrement.

    _ Les Insoumis ? J'en ai entendu parler..., fit Fursy l'air pensif.

    Chayma se redressa sur son matelas pouilleux. Elle avait appris, quelques heures plus tôt, que le groupe des Insoumis avait été mis en place par ses parents, quand ils habitaient Alzar. Ils avaient pris des pseudonymes, Miranda et Umbriel, pour concrétiser un élan de révolte qui avait commencé le jour de sa naissance à elle... Comme à son habitude, Fursy adopta une attitude méprisante.

    _ Ce sont des dissidents peu armés, peu efficaces... Ils n'iront pas loin face aux décharges que les gardes peuvent leur envoyer sur le bracelet.

    _ Il paraît que le bracelet n'est plus actif... Qu'on peut s'en débarrasser à cause de l'explosion au QG.

    _ C'est vrai ! confirma un Coyote. Le clan des Carlins l'a enlevé. On devrait faire pareil.

    _ Vas-y. Tu peux le faire !

    _ Je... je ne suis pas sûr d'avoir envie..., répondit le garçon en approchant sa main gauche vers son fin bracelet noir, mais sans le toucher. En fait, je ne suis pas rassuré.

    _ Évidemment ! La connexion des bracelets va très vite être rétablie, si ce n'est déjà fait. Et puis... enlever le bracelet est la meilleure façon pour se faire remarquer par le Service de Contrôle. Tous ceux qui l'ont enlevé vont être fichés.

    _ Ah, oui. Je n'y avais pas pensé.

    _ Je suis là pour ça, répliqua Fursy avec assurance.

    _ Ben, alors, plusieurs clans vont être embêtés par le Service de Contrôle. La plupart des Dingos, des Carlins et aussi des Fennecs ont enlevé le bracelet. Ils ont écouté le mot d'ordre des Insoumis. Je crois qu'ils font équipe.

    _ Une équipe de bras cassés, avec des armes terrifiantes ! ironisa Fursy. Ce n'est pas comme ça qu'on peut s'imposer. Croyez-moi, ma méthode est meilleure : désorganisation des clans et affirmation de mon autorité. Je compte sur vous pour rameuter un maximum d'enfants des rues. N'oubliez pas : je suis Fursy, Prince du Peuple de l'Ombre.

    _ C'est toi le meilleur, c'est sûr !

    _ Bien... Vous trois, désormais, vous êtes mes lieutenants. Mais toi, Chad, tu n'as montré que de piètres qualités... Tu vas devoir me prouver que tu es digne de confiance. Le clan Coyote n'aime pas les petits magouilleurs !

    Chad se tortilla une nouvelle fois, apparemment contrarié.

    _ D'accord, pas de problème, fit-il avec un enthousiasme feint.

    _ Bon, pour aujourd'hui, nous avons fait le tour des questions importantes. Il ne nous reste plus qu'à mettre en place notre action d'éclat chez les Chacals. La séance est levée !

    Les garçons affichaient des regards agressifs. Fursy, qui était à peine plus grand que Chad, les dominait tous pourtant, grâce à sa prestance naturelle. Ils crachèrent à tour de rôle, accomplissant un rituel qui marquait la fin de la conspiration.

    Les trois garçons s'éloignèrent, tandis que Chad s'attardait, observant à la dérobée la couchette de Chayma. Fursy se tourna vers elle. Il la jaugea de son regard fourbe et lui dit d'une voix sifflante :

    _ Toi, petit Prince des Montagnes, je ne t'oublie pas. Je viendrai m'occuper de toi ce soir. Je dois agir vite et... tu sais ce qui m'intéresse... Dans quelques heures, tu seras mort. Je te trancherai la tête !  


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  • Quelques heures plus tard, Chayma se réveilla, agacée par des sifflements longs et continus qui lui traversaient la tête. L'intensité des sifflements l'obligea à se réveiller complètement. Elle se mit assise, fermant ses bras sur ses genoux. Les sons aigus, désagréables, qui habitaient sa tête, résonnèrent un moment puis, petit à petit, diminuèrent. Ils firent place à des images fortes qui s'imposèrent à son esprit comme si elles choisissaient de venir à son secours. Chayma revit son départ de Loma sur les Hauts Plateaux. Elle refit son parcours mouvementé jusqu'aux heures récentes avec ses amis : Mihiran, Dounia, Bakary, Zéphirin, Lisa, Laszlo... et Douxyeux, cette jeune chienne, aux yeux si doux, qui lui avait sauvé la vie. Et aussi Maître Jacob, Zina, les enfants du clan des Fennecs, Chad... Chad l'avait trahie. C'était lui qui avait révélé à Fursy qu'elle était l'enfant qu'il cherchait. Comment avait-il fait pour comprendre ? Et à quel moment ?... Les derniers événements se bousculaient dans sa tête. Cependant, elle se souvenait précisément qu'elle avait trouvé l'entrée de la Porte d'Azoth, sous la station Mercure, aidée par Mihiran, Bakary et Douxyeux. Puis son chien était sorti du cachot, alerté par des hurlements et, peu après, avait lancé un cri plaintif. Elle était sortie à son tour et avait vu Douxyeux, allongée près de la voie. Droguée... Aussitôt, elle avait été droguée elle aussi, sans qu'elle puisse se défendre.

    Le chef des Coyotes l'avait piégée au moment où elle approchait de son but : trouver la Porte d'Azoth pour rencontrer le professeur Pavel. Corentin Pavel était un homme de science, ami de ses parents et c'était lui qui pourrait soigner son petit frère... Élie... Cet enfant rieur, aux cheveux et aux yeux noirs. Son petit frère adorable dont elle avait pris le nom, par affection, et parce qu'elle devait se faire passer pour un garçon. À part trois femmes Dounia Azabal, l'artiste talentueuse aux cheveux bleus, Zina, sa jeune servante, et Irina Kassoukhanova, son horrible grand-mère , personne dans Alzar ne connaissait sa véritable identité. Pour tous, elle était un jeune garçon de onze ans. Bientôt douze... Ce subterfuge nécessaire lui avait permis d'avancer dans ses recherches, de se débrouiller dans les Zones difficiles de la ville, avec les clans d'enfants des rues. Mais elle avait manqué de prudence : l'enfant sauvage venu des Hauts Plateaux, qui détenait une Chrysalide, était cherché par tous. Elle avait alors changé d'apparence et pris le nom de son autre petit frère, Mehdi, pour passer inaperçue. Cette ruse n'avait servi à rien. Fursy l'avait retrouvée...

    Sur son matelas miteux, isolée du reste du monde, Chayma se sentait mal. Son corps se mit à la tirailler de toutes parts : elle avait mal à la tête, elle avait faim et une brûlure étrange traversait sa main droite. Elle regarda la plaie boursouflée qui, depuis plusieurs jours, n'arrivait pas à guérir. Dounia lui avait donnée une boîte de pansements, ils l'avaient soulagée quelque peu. Où était cette boîte... ? Et sa sacoche, son blouson ? Elle les avait posés sur le sol du cachot quand, avec Mihiran et Bakary, ils avaient soulevé la dalle de la Porte d'Azoth. Le Livre des Pierres, ce livre puissant, confié par sa mère, était resté là-bas aussi, avec toutes les belles choses qui l'aidaient à avancer : une photo de famille, trois petites pierres colorées, une carte des Fameux Joueurs de Squizz... Elle se sentit vide, vidée d'un trésor qui la constituait. Pour ne pas sombrer dans le désespoir, elle récita trois psalmodies, doucement, prenant le temps d'apprécier chacun des mots. Ce petit rituel l'apaisa. Elle s'essuya les yeux avec l'écharpe et, peu après, elle s'endormit de nouveau.

    _ Mange !

    Sur sa couchette, Chayma perçut la voix autoritaire de son bourreau.

    _ Mange ! répéta Fursy. Il faut que tu manges.

    Le garçon la secoua avec son pied.

    _ J'ai à te parler.

    Chayma se redressa et regarda les victuailles que Fursy avait posées à côté du matelas : un sandwich, une pomme, une poignée de bonbons et une bouteille d'eau. Elle attrapa la bouteille et but d'un trait la moitié du contenu. Puis elle commença à dévorer le sandwich, se plaçant plus confortablement, le dos appuyé au mur.

    Fursy lui faisait face, installé dans le fauteuil qu'il avait retourné.

    _ Bien... Je suis content de voir que tu vas bien, fit-il du haut de sa suffisance.

    Chayma ne répondit pas. Elle ressentait un dégoût puissant à l'égard de ce garçon vicieux.

    _ Je ne sais pas d'où tu tiens ta Chrysalide et son cordon, mais ce sont des objets extraordinaires, à n'en pas douter. J'ai beaucoup réfléchi depuis que je t'ai quitté et j'en suis venu à la conclusion que tu devais être, tu dois être, un enfant de haute lignée... C'est évident ! Qui, par exemple, a reçu une Chrysalide à sa naissance ? Le fils du Commandeur ! Gaudéric Steiner, futur Commandeur. J'ai donc devant moi quelqu'un de ma condition, quelqu'un que je peux considérer comme mon égal... Si tu es Prince, je ne peux agir avec toi comme avec n'importe lequel de ces gamins pouilleux. Aussi, j'ai décidé de te proposer un arrangement... Crois bien qu'il me serait plus facile de régler le problème autrement pour profiter de ton joli petit caillou, mais..., étant donné les circonstances, un enfant de haute naissance..., je serai magnanime : je choisis de t'associer à mes projets ! Je ne sais pas si tu réalises l'honneur exceptionnel que je te fais... Aujourd'hui, tu es là, à moi, à ma portée, petit animal farouche des Hauts Plateaux, lointain cousin d'un pays noble, et je décrète que toi, Prince des Montagnes, tu seras mon petit frère. Qu'en dis-tu ?

    Fursy avait posé sa main droite sur son cœur et regardait sa victime avec la supériorité d'un roi qui accorde ses faveurs. Chayma n'avait presque rien compris à sa tirade.

    _ Je sais pas..., fit-elle simplement.

    _ Bon, je crois que tu n'as pas bien réalisé, continua Fursy avec condescendance. J'ai de grandes ambitions... Je veux retrouver la place qui me revient : au milieu des puissants, avec les privilèges, le faste et le luxe que j'ai connus quand j'étais plus jeune. Tu connaîtras ce faste, toi aussi. Parce que je te choisis... Ta Chrysalide va nous permettre d'y arriver. Ses pouvoirs... N'est-ce pas mieux que de tourner sans fin et sans espoir dans cette Zone d'Ombre, au milieu des petits vauriens et des chiens féroces ?

    _ Je... Je ne veux pas de ton truc de luxe ! répliqua Chayma qui ne pouvait cacher son aversion pour ce garçon.

    _ Décidément, tu es décourageant ! Tu ne comprends rien ! s'énerva Fursy. Je te propose d'être un partenaire privilégié, d'être mon frère de cœur... Je t'accorde une chance que je n'accorderais à personne d'autre ! Tu, tu... Si tu ne marches pas avec moi, je vais être obligé de prendre une décision radicale. Tragique...

    Malgré la peur qui ne la lâchait pas, Chayma retrouvait des forces. Elle ignora la voix sifflante et menaçante de Fursy car une chose ne cessait de l'intriguer.

    _ La Chrysalide... Comment veux-tu t'en servir ?

    _ J'ai une piste, répondit Fursy sur un ton évasif et suffisant.

    _ Tu peux me dire ?

    _ Il faut que tu mérites ma confiance. Dis-moi ce que je t'ai demandé : qui t'a donné cette pierre, qui sont tes parents, pourquoi es-tu ici ?...

    _ Si je réponds à tes questions, tu me dis comment elle... « marche » ?

    _ C'est à considérer. Dis toujours...

    Chayma perçut le ton fourbe et calculateur dans la voix de Fursy. Il essayait de la faire parler... Mais elle aussi voulait savoir. Depuis qu'elle était à Alzar, la Chrysalide lui avait considérablement compliqué la tâche et l'avait mise en danger. Bakary, ce jeune enfant à la peau noire, lui avait dit récemment : « La Chrysalide guérit toutes les maladies, même les plus étranges ! » Si c'était vrai, elle comprenait mieux pourquoi cette pierre était si convoitée. Peut-être portait-elle autour de son cou la solution pour guérir son petit frère. Mais comment ?... Apparemment, Fursy avait une réponse. Avec ruse, elle accepta de lui dire ce qu'il attendait, choisissant de lui révéler une partie de la vérité. Celle qui pourrait l'impressionner.

    _ Léon de Larocca est mon grand-père.

    Fursy accusa le coup, yeux écarquillés, bouche ouverte. Puis il sourit d'un air satisfait et stupide.

    _ Je le savais, je le savais ! Petit frère... Nous sommes du même monde. La Chrysalide te désigne comme un être supérieur. C'est évident !

    _ La Chrysalide ?...

    _ Petit-fils de Léon de Larocca... Excellent... EXCELLENT ! Je comprends tout maintenant. Je comprends tout ! Tu es comme moi...

    Le garçon se leva et alla s'asseoir à côté de Chayma. Il passa le bras autour de ses épaules et se mit à la regarder étrangement, follement. Face à son expression illuminée, Chayma devina qu'il brûlait de lui faire des confidences.

    _ Enfin, enfin !... Je ne m'étais pas trompé quand je t'ai vu la première fois. Je vais te dire, mon petit chérubin. Je vais te dire, cher petit-fils du professeur de Larocca... Voici un secret inouï : c'est l'Eau de l'Alcarazas qui donne pouvoir à la pierre.

    _ Quoi ?

    _ L'Eau de l'Alcarazas..., susurra Fursy le visage exalté et de plus en plus proche de celui de Chayma.

    _ Et... alors ?

    _ Alors..., avec l'Eau de l'Alcarazas, la pierre développe sa puissance. Elle accomplit toutes les promesses... Tu comprends, tous les deux, nous allons faire des choses magnifiques. Tous les deux !

    Chayma recula sa tête instinctivement pour échapper au regard fou de Fursy qui ne la lâchait pas. Il affichait un sourire enjôleur qui la rebuta. Il passa sa langue pointue sur ses lèvres, d'un air gourmand. L'étreinte du garçon était insupportable... Chayma se dégagea brusquement, se leva d'un bond et se mit à courir aussi vite qu'elle le put pour gagner la grille au fond du couloir.

    Fin Chapitre 1

     


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  •  Depuis qu'elle était à Alzar, Chayma avait compris qu'elle ne pouvait se fier qu'à de rares personnes. La ville présentait un univers contrasté où les pouvoirs s'exerçaient par secteurs, favorisant les privilèges de castes et méprisant les Zones pauvres. Les enfants des rues devaient se débrouiller en chapardant, trichant, et même en trahissant. Le garçon qui la toisait de son regard dominateur était un garçon cultivé, aux origines élevées. Pour quelle raison se trouvait-il au milieu d'un clan d'enfants, dans une situation rude et sans confort ? Elle ne le savait pas et ne voulait pas le savoir. Elle ne voulait pas, non plus, qu'il sache que son père s'appelait Sam de Larocca et qu'elle était la petite-fille du grand savant Léon de Larocca. Elle ne lui dirait rien de ses propres origines, rien sur sa Chrysalide qui lui avait été léguée par son grand-père. Fursy était un garçon dangereux dont elle était en train d'éprouver la méchanceté. Le chef Coyote l'observait, attendant encore une réponse.   

    _ Je ne sais rien, répéta-t-elle.    

    _ Je ne te crois pas ! cria Fursy.                                                            

    Il eut un geste rageur et, de nouveau, s'éloigna d'elle. Il s'enfonça dans l'espace sombre et elle le perdit de vue. Elle crut un instant qu'il l'abandonnait mais il revint, le visage apaisé.

    _ Ce n'est pas grave, fit-il avec un mouvement élégant du bras. Je serai grand Prince, je ne t'en veux pas de ne pas me parler. C'est juste un peu dommage... Je suis sûr, cher petit ange, mon cher Élie, que nous avons beaucoup de choses à partager. Mais tu es un enfant farouche... En fait, j'aime bien ça ! Tu n'es pas comme tous ces morveux qui n'ont aucune fierté. Qu'importe ! L'essentiel, c'est que tu sois là, avec ce magnifique petit caillou.

    Fursy attrapa la Chrysalide, avec une expression de délectation.

    _ Voilà... C'est ça... Enfin, à moi. À MOI !

    Il éclata de rire et se frappa la poitrine. Il jubilait. Son rire saccadé, exubérant et fou, dura plusieurs minutes. Puis il expliqua :

    _ Je vais couper le cordon qui retient ta jolie pierre et je la garderai, pour moi... Et toi, puisque tu ne veux pas me parler, je te laisserai ici. Tu te débrouilleras... Si tu peux !

    Il se mit encore à rire, d'un rire fort, irrésistible.

    Chayma sentit la sueur couler dans son dos. Elle était perdue ! Elle savait que le cordon qui retenait sa Chrysalide ne pouvait s'ouvrir, ni être coupé. Aucun objet, aussi tranchant fût-il, n'arrivait à entailler ce lien extraordinaire.

    Fursy attrapa un petit sac à dos et en sortit une paire de cisailles aux lames recourbées. Accrochant la lumière de la lampe frontale, le métal envoya un flash d'une blancheur éclatante. Le garçon brandit l'objet comme un trophée. Chayma remarqua alors qu'il avait gardé son bracelet bleu, le bracelet de contrôle des personnes.

    _ Tu vois, cet objet est l'outil le plus tranchant qui existe, fit-il avec exaltation. Et je vais te le prouver tout de suite !

    Il prit la main droite de Chayma, celle qui était menottée, et coupa d'une seule pression la chaîne épaisse avec une facilité déconcertante. Soulagée, Chayma remua son bras et passa sa main gauche sur son poignet pour faire glisser l'anneau d'acier qui s'était incrusté dans sa peau.

    _ Étonnant ? s'amusa Fursy en pointant son arme contre le cou de Chayma, de sorte qu'elle ne puisse pas lui échapper. Ces cisailles coupent tout, vraiment tout ! Rien ne leur résiste.

    Chayma espéra follement qu'il disait vrai.

    _ Bien... Maintenant, le cordon.

    Fursy attrapa la lanière qui entourait le cou menu de sa victime et mania les cisailles. Chayma observait le garçon dont le visage manifesta aussitôt une incompréhension profonde... Il essaya de nouveau... Il se mit à forcer, prenant à deux mains son outil redoutable. Il ne se passait toujours rien. La respiration forte et la sueur au front, Fursy insista, cherchant sur la longueur du cordon une zone fragile, susceptible de céder aux lames affutées.

    Dépité, il finit par jeter les cisailles dans un mouvement de rage.

    _ C'est... C'est quoi ce cordon ?

    « Linoflex », pensa Chayma, une matière incroyable, inventée par son grand-père, et qu'on ne pouvait détruire.

    _ On ne peut pas le couper, fit-elle d'une voix minuscule.

    _ Quoi ? On ne peut pas couper ce cordon ?

    _ On ne peut pas.

    _ Mais c'est idiot. Idiot ! Tu entends ?

    _ C'est pas ma faute. Je l'ai toujours eu comme ça.

    Fursy poussa un cri de colère qui ricocha longuement contre les parois sombres de l'espace. Il fit des allées et venues, marchant d'un pas nerveux. Il regarda Chayma, le visage chargé de haine. Puis il ramassa les cisailles et son sac à dos, et partit précipitamment, disparaissant dans le noir.

    Chayma entendit le grincement d'une grille qu'on déplaçait.

    Elle attendit quelques instants, figée dans le fauteuil, essayant de comprendre ce qui venait de lui arriver. Elle était seule, l'esprit embrumé par la drogue qu'elle avait respirée quelques heures plus tôt. Un goût de sang dans la bouche. Des larmes roulèrent sur ses joues. Tout était si difficile depuis qu'elle était dans cette cité. Elle ne savait plus... Tout venait de s'effondrer.

    Chayma finit par bouger, posant ses pieds nus sur un sol irrégulier et poussiéreux. Elle attrapa l'écharpe, posée sur le dossier du fauteuil, que son ami Mihiran lui avait offerte. Elle l'enroula délicatement autour de son cou, trouvant un léger réconfort à porter ce tissu écru qui cachait et protégeait sa Chrysalide... Habituée à l'obscurité, elle se repéra facilement dans l'espace qui ressemblait à un long couloir, fermé par un mur derrière elle. Elle fit le tour du fauteuil, lentement. Contre le mur du fond, il y avait un matelas étroit avec une couverture. Elle regarda à peine cet objet peu attirant et décida d'aller plus loin dans son inspection. Elle attrapa le flambeau et avança d'une centaine de pas sous une voûte basse et étroite. Au bout du couloir, une haute grille barrait intégralement le passage. Un cadenas bloquait la porte aménagée dans la grille. « Cisailles... Si Fursy n'avait pas repris les cisailles, j'aurais pu m'échapper », pensa-t-elle. Elle secoua la porte dans l'espoir vain qu'elle puisse s'ouvrir, mais n'insista pas car il était impossible de la faire bouger.

    Elle revint vers ce qui était désormais son lieu de vie. Elle s'assit dans le fauteuil, placé au centre de l'espace, tel un trône, et essaya de réfléchir. Mais elle était incapable de mettre de l'ordre à ses idées. Tout était confus. Douloureux. Elle imagina seulement qu'elle essaierait de s'échapper dès que Fursy reviendrait. Elle se leva de nouveau, machinalement, et remarqua une petite trappe ronde en bois, au sol. Elle l'ouvrit : une odeur pestilentielle se dégagea du tuyau noir qui s'enfonçait dans la terre. Malgré l'odeur infecte, elle eut la curiosité de mieux voir ce boyau et l'éclaira avec la torche. De faible longueur, le conduit donnait sur une canalisation où passaient les eaux usées de la ville. Ce trou, au diamètre étroit, ne lui était d'aucune aide. Impossible de s'enfuir par cette ouverture. À défaut, elle lui servirait de latrines. Elle se sentit définitivement prisonnière.

    Désespérée, elle s'effondra sur le matelas et s'endormit.

     


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  •                                   1   Prisonnière            Tome 3 Premières lignes #1

     

     Sur le haut fauteuil inconfortable, Chayma tremblait de tout son corps. Le garçon, aux cheveux noirs plaqués sur la tête, faisait rouler entre ses doigts agiles la pierre qu'elle portait autour du cou, traversée par un cordon lisse, relativement court. Cette pierre ne quittait pas Chayma, simplement parce qu'elle ne pouvait pas lui être retirée.

    _ Elle est très belle, fit le garçon. Très belle... Comme un petit bout de cosmos...

    La main droite menottée au bras du fauteuil, Chayma était prisonnière. Elle fixait celui qui la retenait dans un espace sans nom, quelque part dans la Zone d'Ombre. Fursy semblait fasciné par la petite pierre ronde, bleu Nuix, qui laissa échapper plusieurs éclats dorés. Il plissait ses yeux malins, maquillés d'un large trait noir, scrutant de son regard calculateur ce minéral tant convoité. Il ajusta une lampe frontale sur sa tête et éclaira vivement la pierre, éblouissant Chayma au passage. Il haussa les sourcils.

    _ Chrysalide..., lâcha-t-il d'une voix sourde. J'en ai déjà vu une... il y a longtemps. Une vraie Chrysalide... pas d'ombre portée...

    Puis il éclata de rire. Il se redressa, ouvrit les bras en signe de victoire, libérant une joie malsaine et inquiétante. Il désigna Chayma du doigt. Elle paraissait toute petite, assise dans le siège imposant.

    _ Je t'ai eu ! Je t'ai eu !... Tu vois, Élie, j'arrive toujours à mes fins. Moi, Fursy, Prince du Peuple de l'Ombre, je suis le plus fort. Je suis le plus fort ! Ils vont tous me suivre, ceux de mon clan, les Coyotes, et ceux des autres clans qui ont compris qu'avec moi ils pouvaient aller loin. Ils sont nombreux à se rallier au combat du Peuple de l'Ombre... Oui..., et moi, MOI ! aujourd'hui, je vais décupler mes forces grâce cette splendeur : ta Chrysalide.

    Fursy regardait Chayma de son air supérieur, un sourire de satisfaction sur ses lèvres fines.

    _ Cette pierre a des pouvoirs... Je le sais... Mon père m'en a parlé un jour, avant que... Qui t'a donné cette pierre ?

    Chayma ne répondit pas. Elle était incapable de parler, incapable de quoi que ce soit. Elle ne voulait pas raconter son histoire à ce garçon ambitieux et sans scrupules.

    _ Réponds ! insista-t-il d'une voix dure.

    Chayma se recroquevilla au fond du fauteuil. Fursy s'approcha d'elle, le visage contrarié. Il resta ainsi, figé, quelques secondes, puis, d'un geste vif, lui asséna une forte claque en pleine figure. Chayma reçut le coup sans crier, ses yeux noirs rivés sur son bourreau. Elle sentit du sang couler de son nez et elle avala une goutte quand il fut sur sa bouche.

    _ Qui t'a donné cette pierre ? répéta Fursy avec colère.

    Dans un élan de révolte, Chayma cracha vers le garçon un peu de salive mêlée de sang. Fursy lui donna une deuxième gifle, violente, et elle sentit que sa lèvre inférieure venait de se déchirer contre ses dents. Le goût de son sang dans la bouche, étrangement, la rassura.

    Le bras levé, le garçon était prêt à la frapper une nouvelle fois. Il se ravisa subitement et s'éloigna d'elle. Il se mit à faire des allées et venues dans l'espace que seul un flambeau, posé dans une encoche du mur, éclairait faiblement. Parlant à voix basse, les bras agités de mouvements rapides, il semblait pris dans un tourment profond. « … pas grave, pas grave... Je saurai un jour... Il me dira... L'essentiel c'est que... Ah, ah... arrivé. J'y suis arrivé ! »

    _ OK, OK ! Tu ne veux rien dire. Normal... Tu es Prince des Montagnes... Je ferais pareil à ta place. Après tout, nous sommes comme des frères, n'est-ce pas ? Toi, Prince des Montagnes, et moi Prince du Peuple de l'Ombre... Car tu es bien né, j'en suis sûr. Cela, tu peux au moins me le dire... Qui est ton père ?

    Fursy avait adouci son regard et attendait la réponse de Chayma. Elle se contenta de froncer un peu plus les sourcils.

    _ Il faut que tu me dises, il faut que tu me parles, insista Fursy la voix doucereuse. Tu n'es pas un enfant banal, tu portes une Chrysalide... Et je dois savoir d'où elle vient. Je dois savoir... Tu sais, tu peux être mon ami. Ensemble, nous pouvons faire de grandes choses. Dis-moi d'où vient cette pierre. C'est important : je dois savoir.

    Une fois de plus, Chayma se garda de parler, tétanisée par la peur. Elle se trouvait dans un cauchemar, alors que quelques heures auparavant tout semblait facile, entourée de ses amis, Mihiran et Bakary, prêts à l'aider, à la suivre... Tout d'un coup, tout s'était effondré. L'espoir de sauver Élie, son petit frère, s'était brutalement éloigné. Elle n'avait pour seul repère que cet espace fermé, perdu, empli d'une ombre épaisse et désespérante.

    _ Je sais que cette pierre a des pouvoirs, reprit Fursy. De grands pouvoirs... Un jour, mon père m'a dit que celui qui détenait une Chrysalide pouvait nourrir les ambitions les plus hautes car la pierre est capable de libérer une énergie fabuleuse. Mon père était un homme important, vois-tu ? Il était ami avec le Commandeur et, ce jour-là, il nous avait montré, à ma mère et à moi, la Chrysalide qui appartenait au fils du Commandeur. Cet adolescent, stupide et maladroit, ne cessait de perdre ses affaires et il pleurnichait parce qu'il avait perdu sa pierre. « Sa jolie pierre » d'enfant gâté... Mon père a retrouvé la bague sur laquelle elle était fixée. L'autre nigaud de Gaudéric pouvait encore ôter cet anneau de son doigt... C'était un cadeau du grand savant, Léon de Larocca. Quand j'ai vu la Chrysalide, j'avais huit ans, les paillettes dorées se sont mises à palpiter comme un petit cœur vivant..., je me suis juré, qu'un jour, je possèderai, moi aussi, ce caillou magnifique. Et puis...

    Un rictus douloureux traversa le visage mobile du garçon. Il poussa un cri suraigu. Après quelques secondes, où il sembla terrassé par une douleur profonde, il retrouva son regard arrogant. Puis il proféra d'une voix puissante :

    _ Ce jour est arrivé ! Je possède cette fameuse pierre. Plus tôt, plus vite que je n'avais prévu ! Je vais pouvoir faire de grandes choses... Heureusement que ces imbéciles, le Commandeur et son fils, ne savent pas comment utiliser ses pouvoirs.

    Pour la première fois depuis qu'elle était prisonnière, Chayma prêta attention aux propos de Fursy.

    _ Tu... Tu sais comment te servir de la Chrysalide ? demanda-t-elle d'une voix blanche.

    _ Ça se peut...

    Le garçon paraissait très heureux de son effet.

    _ Tu vois, si tu me dis ce que tu sais, si tu me parles, on pourra aller loin. Tous les deux... Tu sais, je ne te veux pas de mal. Dis-moi ce que tu sais. Qui t'a donné cette pierre ?

    Chayma serra les dents. Elle ne dirait rien. Elle défia le garçon de son regard intense. Une troisième gifle vint claquer méchamment sur son visage, amplifiant la douleur au nez et à la bouche. Elle ne put retenir quelques larmes alors que le sang recommençait à couler.

    _ Tu l'as cherché ! hurla le garçon. Tu dois me parler, tu dois me dire...

    Dans le brouillard de ses larmes, Chayma osa un minuscule « pourquoi ? »

    _ Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ? Parce que je veux savoir, c'est tout. Parce que ça fait des années que je m'intéresse à cette pierre. Je sais... je sais que plusieurs Chrysalides ont été formées à partir d'un bloc brut. Je sais que le professeur de Larocca a su révéler la force contenue dans ce bloc... Alors tu dois me dire d'où viens ta Chrysalide. Tu es un enfant. Donc, on t'en a fait cadeau. Donc, ta famille ou des amis de ta famille ont des relations proches avec le savant, de Larocca. Toi, tu viens des montagnes, tu viens des Hauts Plateaux... Je veux comprendre. Voilà pourquoi.

    _ Je ne sais rien, mentit Chayma.


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  • Dans la ville d'Alzar, nombreux sont ceux qui cherchent des pierres rares, notamment dans les carrières souterraines. Les enfants de la Zone d'Ombre y consacrent une grande partie de leur temps et, grâce à des revendeurs, peuvent ainsi gagner un peu d'argent.

    Dans ce milieu âpre, il y a un dicton qui montre à quel point la pierre de Chayma a de la valeur.

    "Qui tient une pierre Scarabée dans sa main, tient un trésor.

    Qui tient une Chrysalide, tient l'infini..."

     

    Le dicton des chercheurs de pierre

     


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